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L’œuf ou l’ampoule ? Conjuguer énergies renouvelables et agriculture durable

Ce mardi 26 février, Enercoop organisait avec Énergie partagée et Terre de Liens un débat sur les liens entre transition agricole et énergétique. Débat animé dans la salle sur des idées reçues, intervenants impliqués, retour sur une première réussie pour le cycle de débats Ça Deb'Watt.

La soirée a commencé autour d’un débat avec la centaine de personnes présentes, autour de deux idées reçues :

=> Les agriculteurs n’ont pas les moyens financiers d’investir dans les énergies renouvelables.

Réponse : les agriculteurs sont des entrepreneurs, s’engager dans les énergies renouvelables peut leur permettre de dégager une ressource financière complémentaire et non négligeable, mais aussi de valoriser leur patrimoine (bâti, naturel, ou encore agricole). Les collectifs de citoyens et les collectivités sont aussi là pour leur apporter ces fonds et faciliter cet investissement.

=> Les énergies renouvelables font concurrence aux terres agricoles en termes de surfaces exploitées.

Réponse : beaucoup de surfaces déjà artificialisées pourraient accueillir des installations photovoltaïques (hangars et bâtiments agricoles, parkings). La réglementation interdit le solaire au sol sur les surfaces agricoles, sauf si la preuve du maintien d'une activité agricole significative est apportée. Ces installations peuvent en revanche être installées sur des anciennes carrières, centre d’enfouissement, ou terrains pollués.
Concernant la méthanisation, il s’agit d’utiliser des déchets de l'activité agricole qui sont moins bien valorisés, et la réglementation plafonne à 15 % la part de culture qui peut lui être dédiée.

Des intervenants inspirants

Le débat a continué par le témoignage de Dominique Hocquez, administrateur de la SCIC énergie citoyenne, à propos de la ferme du germoir à Ambricourt.

Conçu par un collectif d’acteur, la Ferme d’Ambricourt, se présente comme un lieu pour les "cultivateurs d’énergie positive". Bâtiments agricoles construits dans une démarche d’écoconstruction, c’est aujourd’hui un incubateur pour des gens qui se reconvertissent à l’activité maraîchère.

Des panneaux photovoltaïques ont été installés sur la toiture de trois bâtiments par la SCIC Énergie citoyenne, composée de 250 sociétaires. Ils ont aussi lancé des projets de micro chaufferies collectives au bois, le projet Michauco, réseaux de chaleurs qui alimentent principalement les bâtiments publics locaux. Les investissement ont aussi permis de lancer un travail de fond pour rénover les bâtiments et les rendre plus efficace énergétiquement.

=> Vous êtes dans la région ou voulez en savoir plus ? N’hésitez pas à visiter leur site ou à vous rendre directement sur place.

Madeleine Charru, Directrice de Solagro a ensuite présenté les grands enjeux de ces transitions à travers les grandes lignes du scenario Afterres2050.

Les adhérents de l’association Solagro (agriculteurs, chercheurs, citoyens) se sont posés la question de savoir si l’on pouvait à la fois nourrir tout le monde, produire de l’énergie à partir de la biomasse, construire nos maisons avec des éco-matériaux, tout en réduisant l’impact sur l’environnement, et les émissions de CO2, alors que la population française augmente et que la surface agricole diminue.

Ils ont donc construit un modèle alimenté d’hypothèses et de données connues. Et bonne nouvelle : c’est possible ! Mais à plusieurs conditions :

  • La première : revisiter nos besoins, et en particulier notre assiette. Car on s’aperçoit que l’on surconsomme énormément (des protéines, du sucre, du gras), on gaspille et on jette beaucoup ;
  • La deuxième : revoir notre consommation de protéine (52 gramme par jour au lieu de 90 actuellement), et notamment la part de protéines végétales, car 80% des surfaces agricoles françaises sont consacrées à l’alimentation animale et non pas humaine ;
  • Troisièmement, il faut produire autrement, avec une agriculture biologique et non plus chimique, et des rotations longues qui conservent la qualité du sol, en accord avec des principe de permaculture. Les nouveaux modes de production permettent ainsi de libérer des terres, notamment afin de permettre la méthanisation.

=> Pour lire ou consulter le scénario Afterres2050 c’est par ici.

Marie-Monique Robin, journaliste d’investigation, réalisatrice, marraine de Plaine énergie citoyenne et d’une ferme Terre de liens a ensuite témoigné de la transition en cours dans le village d’Ungersheim.

Dans son film « Qu'est ce qu'on attend ?», on découvre ainsi les trois piliers de la transition mise en place dans le village : l'autonomie alimentaire, énergétique et intellectuelle.

Le village d’Ungersheim a ainsi créé une régie agricole et une régie énergétique. Ils ont décidé d’installer une centrale solaire sur des terrains qui ne pouvaient pas être réhabilités. La commune est aujourd’hui autonome énergétiquement et du point de vue alimentaire, sans avoir augmente les impôts et en créant des emplois locaux ! Et ce village est aujourd'hui sollicité par d'autres communes pour reproduire ce modèle.

L’autonomie intellectuelle a consisté à mettre les enjeux sur la table, à réfléchir à comment utiliser les ressources et changer les modes de consommation localement. La volonté d’élus locaux et de citoyens éclairés et courageux a été déterminante pour réussir cette transition.

=> Revoir la bande-annonce de "Qu'est ce qu'on attends" par là.


Vous avez aimé cette rencontre ou vous souhaitez participer à la prochaine ? Rendez-vous fin avril pour notre prochain débat autour de l'énergie et de l'Europe !

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