Enercoop Provence-Alpes-Côte d'Azur

Publié le mardi 14 septembre 2021

Zoom sur la future centrale solaire de Saint-Pons : tout savoir sur le projet !

La genèse du projet

Engagée dans une démarche de transition énergétique depuis plusieurs années, la commune de Saint-Pons, dans les Alpes de Haute-Provence, a choisi de valoriser des terrains actuellement inexploités, près de l’aérodrome, pour produire localement de l’électricité solaire et citoyenne, en impliquant ses habitants.

Pour développer ce projet, la commune a conclu un partenariat avec un groupement constitué d’Enercoop Paca, Énergie Partagée et Sergies. Plusieurs études (notamment sur l'impact environnemental) ont été réalisées et le projet a reçu un avis favorable de la Commission Départementale de la Nature des Sites et des Paysages (CDNPS).

Une ambition environnementale...

A l’heure où la sortie du nouveau rapport du GIEC vient nous rappeler l’urgence d’agir pour lutter contre le dérèglement climatique, ce projet entend contribuer à la nécessité pour notre région d’augmenter la part d’énergie verte dans sa production locale et d’améliorer son indépendance énergétique.

D’une puissance d’environ 17 MWc, le projet solaire de Saint-Pons, dont la production permettra de couvrir la consommation électrique de 10 000 foyers environ, s’inscrit pleinement dans l’atteinte des objectifs du Plan Climat de la Région PACA et répond aux principaux enjeux environnementaux locaux :

  • Autonomie du territoire : produire localement une électricité d’origine renouvelable pour réduire notre dépendance à l’importation d’électricité en provenance d’autres régions,
  • Énergie en circuit court : mailler le territoire d’unités de production afin de réduire l’effet « péninsule » et permettre un rapprochement des installations par rapport aux lieux de consommation,
  • Fort ensoleillement : diversifier le mix énergétique de la région, en exploitant le fort gisement de productible solaire disponible localement.

… et sociale

Au-delà de son ambition environnementale, les partenaires choisis par la commune ont permis d’ajouter une dimension citoyenne forte au projet et de maximiser les retombées locales pour les habitants. Ainsi le projet s’inscrit dans une volonté de :

  • Réappropriation citoyenne : encourager la participation des citoyens pour qu’ils soient acteurs de la transition énergétique sur leur territoire,
  • Concertation locale : impliquer les habitants et les acteurs locaux, tout au long du développement, pour améliorer l’intégration du projet,
  • Retombées économiques locales : permettre aux collectivités locales et aux habitants de bénéficier directement des retombées économiques des installations implantées près de chez eux, valoriser le site sur un plan touristique (création d’un sentier pédagogique, bornes de recharge pour vélos électriques…).

Un impact local maîtrisé

Le développement de ce projet répond à une volonté forte de la commune et des partenaires de contribuer à la transition énergétique locale. Pour autant, l’ambition n’est pas de faire des énergies renouvelables à tout prix.

C’est pourquoi l’impact environnemental fait l’objet de nombreuses attentions :

  • Choix du site : pas d’utilisation de terres agricoles
  • Impact limité sur la faune et la flore : adaptation des périodes et horaires des travaux, clôture laissant passer les espèces...
  • Amélioration de la biodiversité locale : re-végétalisation, travaux sylvicoles dans la vallée...
  • Impact visuel limité : panneaux anti-reflet, écran végétal…
  • Maîtrise des risques : système d’infiltration des eaux de pluie

Le choix des sites d’implantation

Le choix du site d’implantation s’est effectué principalement selon les critères suivants : la faisabilité technique du projet, l’absence d’utilisation d’espaces agricoles, la possibilité de valoriser des espaces ayant été déjà perturbés (ancien usage industriel par exemple), l’intégration et la prise en compte des risques identifiés.

Le terrain de la Zone Sud, ancienne zone de stockage de matériaux de carrière située au sud de la Départementale 900, était un terrain déjà anthropisé que le projet va permettre de revaloriser en lui donnant un usage vertueux grâce à la production d’énergie verte.

Le terrain de la Zone Nord correspond à un espace boisé (mono-espèce, pin sylvestre) qui nécessitera un défrichement sur environ 13 hectares. Le projet a été retravaillé à plusieurs reprises afin de limiter l’impact paysager et des mesures de réduction sont prévues pour limiter l’impact environnemental.

Un impact limité sur la faune et la flore et des mesures compensatoires qui permettront d’améliorer la biodiversité locale

Concernant la faune et la flore, la perte d’habitat est jugée faible sur les sites étudiés, du fait de :

  • l’adaptation de la période des travaux de défrichement et de terrassement selon les saisons, et en évitant les travaux nocturnes ;
  • l’importance de la représentation du milieu observé en zone Nord (peuplement monospécifique de pin sylvestre sur l’ensemble de la commune et au sein du cirque du Riou Bourdoux en général) ;
  • l’installation d’une clôture adaptée qui permettra à la petite et moyenne faune (reptiles notamment) de passer et de circuler sur le site.

Concernant le défrichement, les experts interrogés affirment que le pin sylvestre est une espèce qui a poussé de manière invasive dans la vallée, étouffant les autres espèces et acidifiant les sols. Le réaménagement du site après défrichement permettra de diversifier le type d’habitats naturels et d’améliorer la biodiversité locale. L’étude réalisée par le bureau d’études de l’Office National des Forêts confirme l’impact modéré du défrichement.

Une concertation locale ambitieuse avec une réelle implication des habitants et des acteurs locaux

Un groupe de suivi composé d’habitants, d’élus et d’experts du territoire a été constitué et se réunit régulièrement pour être tenu informé du projet et soumettre des avis et propositions au groupement photovoltaïque.

La population locale a été régulièrement informée sur le projet via des réunions publiques et invitée à participer à sa conception via des ateliers participatifs thématiques.

Les personnes qui ont souhaité s’impliquer ont eu accès aux documents de travail et études paysagères et environnementales, ont pu se prononcer sur les mesures compensatoires et être force de proposition.

Enfin, les enquêtes publiques au cours du développement du projet représentent un moyen supplémentaire pour tous les riverains et plus spécifiquement ceux qui sont directement concernés, de s’informer et de donner leur avis.

Des retombées économiques pour la commune et les collectivités locales qui bénéficieront directement aux habitants du territoire

Les retombées économiques du projet bénéficieront en partie à la commune de Saint-Pons, principalement t sous forme de loyer et taxes. Les retombées fiscales profiteront également aux collectivités locales (Communauté de Communes Vallée de l'Ubaye Serre-Ponçon et Conseil Départemental 04).

Les citoyens seront invités à investir, via une coopérative locale. Le statut de sociétaire leur permettra d’être partie prenante de la gouvernance du projet et de récupérer une partie des bénéfices sous forme de dividendes générés par la vente de l’électricité produite.

Un atelier participatif a travaillé sur des propositions concrètes d’utilisation locale des retombées économiques. Ces propositions ont été remises aux élus de Saint-Pons et portent par exemple sur l’installation d’un commerce de proximité ou le développement d’un système de navette gratuite pour les habitants.

Re-végétalisation, choix des panneaux, valorisation touristique… Des mesures adaptées pour réduire et compenser l’impact du projet sur le territoire

Pour compenser l’impact local du projet, le groupement s’est engagé dans les mesures suivantes :

  • Un travail de re-végétalisation sera mené sur la Zone Nord avec un accompagnement d’experts du territoire comme l’Institut Méditerranéen de Biologie et d’Ecologie ou le Conservatoire Botanique Alpin.
  • Des travaux sylvicoles sont prévus dans les forêts de la Vallée avec replantation de feuillus et facilitation de la repousse des mélèzes.
  • Le bois coupé sera utilisé localement et alimentera les chaufferies des réseaux de chaleur bois à proximité.
  • Une valorisation touristique du projet est envisagée : mise en place d’un circuit pédagogique, panneaux explicatifs et affichage de la production en temps réel, borne de recharge pour vélos électriques...
  • Un écran végétal sera réalisé pour améliorer l’esthétique du site, limiter les points de vue et favoriser la biodiversité par des essences adaptées.
  • Une frange boisée sera maintenue sur la Zone Nord, sur 15 mètres tout autour du projet pour bloquer les vues proches et atténuer les vues éloignées.
  • Un système d’infiltration des eaux de pluie sera mis en place.
  • Les panneaux solaires choisis auront des propriétés anti-reflets pour atténuer le ressenti visuel par fort ensoleillement et répondre aux exigences aéronautiques en lien avec la proximité de l’aérodrome.

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