Publié le jeudi 27 août 2026

Projet agrivoltaïque à Buoux :
pourquoi et comment ?

À Buoux, dans le Vaucluse, Enercoop Paca travaille avec la société agricole Morard et le Syndicat d’Énergie Vauclusien sur un projet agrivoltaïque associant production d’électricité renouvelable et élevage caprin.

Le projet prévoit l’installation de panneaux photovoltaïques sur une partie des parcelles actuellement pâturées par le troupeau de chèvres de la ferme, avec l’objectif de renforcer la pérennité de l’exploitation, son autonomie fourragère et le confort des animaux.

Suite à la réunion publique du 10 juillet 2026, nous avons échangé avec Sophie Picard, chargée de projets chez Enercoop Paca, pour revenir simplement sur les principaux enjeux et caractéristiques du projet.

Pourquoi ce projet agrivoltaïque ?

Le projet part d’abord d’un besoin agricole. La société Morard cherche à consolider son activité et à créer un second site d’exploitation. Certaines parcelles proches de la chèvrerie sont aujourd’hui très sollicitées, tandis que celles du plateau sont moins bien valorisées.

Le changement climatique fragilise également l’exploitation, notamment en réduisant la disponibilité des ressources fourragères et en compliquant le pâturage pendant les périodes chaudes.

L’objectif est donc de mieux valoriser ces parcelles, d’améliorer l’autonomie fourragère et de sécuriser l’activité de l’élevage, tout en produisant de l’électricité renouvelable.

Pourquoi installer des panneaux sur une parcelle agricole ?

Le projet est conçu autour de l’activité d’élevage : il ne s’agit pas de remplacer l’agriculture par des panneaux photovoltaïques.

Les panneaux seront adaptés au pâturage des chèvres : ils seront rehaussés pour limiter les risques de blessure, installés sur des structures avec moins de pieux et répartis en plusieurs îlots afin de permettre un pâturage dynamique.

Avec les trackers, les panneaux peuvent également créer de l’ombre et contribuer à maintenir davantage d’humidité dans les sols. L’objectif est notamment de disposer d’une ressource en herbe verte plus longtemps pendant l’été.

Est-ce que les chèvres vont vraiment bénéficier des panneaux ?

C’est l’un des points que nous voulons suivre avec attention. Les données scientifiques disponibles rendent crédibles certains bénéfices, notamment sur le confort thermique des animaux et le maintien de l’herbe pendant les périodes chaudes.

En revanche, il serait prématuré d’affirmer que le projet augmentera la production de lait. Les références françaises directement comparables restent encore limitées. C’est pourquoi un suivi local sera nécessaire pour observer la pousse et la qualité de l’herbe, le comportement des chèvres, leur état sanitaire et les performances laitières.

Quelle sera la place de l’agriculture dans le projet ?

L’exploitation restera basée sur le pastoralisme. Les 7,2 hectares concernés par le projet pourront fournir environ 28,8 tonnes de matière sèche par an, soit autour de 15 % des besoins du troupeau de 200 chèvres.

Le reste de l’alimentation continuera à provenir des bois pâturés, des prairies et du foin et des céréales produits sur la ferme. Le projet doit donc être vu comme un complément au système existant, et non comme une nouvelle façon d’élever les animaux.

Quelles précautions sont prévues pour préserver l’environnement ?

Le projet a fait l’objet d’études écologiques et paysagères. Elles ont conduit à éviter 75 % de la parcelle, notamment les secteurs les plus boisés et l’ensemble des stations de flore protégée.

D’autres mesures sont prévues : adaptation du calendrier des travaux, abattage manuel des arbres concernés, suivi écologique du chantier, déplacement de pierriers servant de refuges aux reptiles ou encore conservation de zones de garrigue au sein du parc. Un écran végétal permettra également de limiter la visibilité de la centrale depuis le GR (sentier de randonnée).

L’objectif est d’éviter et de réduire au maximum les impacts du projet, avec un impact résiduel évalué comme faible sur le milieu naturel.

Et les habitant·es dans tout ça ?

La concertation fait partie du développement du projet. Plusieurs temps de travail ont déjà été organisés : visite du terrain avec les écologues en octobre 2025, travail sur les différents scénarios d’implantation en février 2026, et présentation du scénario final et des mesures associées en avril 2026.

Ces temps permettent aux personnes impliquées de comprendre les enjeux techniques et environnementaux et de donner leur avis. Le projet a également été présenté aux structures associatives locales et à la communauté de communes. Une réunion publique s’est tenue le 10 juillet 2026 et d’autres ateliers sont prévus à partir de septembre 2026, notamment autour de la dimension pédagogique du projet.

Pourquoi produire de l’électricité renouvelable ici ?

Le développement des énergies renouvelables doit répondre à plusieurs enjeux à la fois : produire de l’électricité décarbonée, accompagner les territoires et trouver des projets adaptés aux réalités locales.

À Buoux, l’enjeu est de faire fonctionner ensemble deux activités : une exploitation agricole qui cherche à pérenniser son modèle et une production d’énergie renouvelable. Pour Enercoop Paca, c’est précisément ce type de projet territorial qu’il faut construire : un projet qui ne se limite pas à produire des électrons, mais qui apporte aussi des réponses concrètes aux besoins du territoire.

Retrouvez toutes les infos sur le projet ici, ainsi qu'une interview de Sophie Picard sur nos méthodes de concertation ici.

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