Enercoop Nationale

Publié le jeudi 19 janvier 2023

L'industrie de la mode et l'énergie

Les soldes d’hiver ont commencé depuis quelques jours. Moment propice aux affaires, c’est surtout un moment où la (sur)consommation va bon train. Nous entendons bien sûr souvent parler de la pollution générée par l’industrie de la mode et son impact sur l’environnement. Mis en cause : le transport, la baisse de la qualité, les matières utilisées. Toutefois, un point est souvent passé à la trappe dans les stratégies de baisse des émissions de gaz à effet de serre : celui de l’énergie. Faisons un petit zoom sur la relation oubliée entre l’énergie et la mode.

Lorsque l’on parle d’énergie pour le textile, on pense choix des matières, panneaux publicitaires, éclairage des magasins mais on oublie souvent la source qui demande une grande consommation d’énergie, celle des différentes machines par lesquelles va passer la matière avant de finir en produit vendable.

Quand le mix énergétique s’en mêle

Comme toute industrie, celle de l’habillement nécessite une grande consommation d’énergie dont l’impact sur l’environnement dépendra notamment du mix énergétique du ou des pays producteurs. Nous le savons, le sujet ne concerne pas uniquement la France ou l’Europe puisque grand nombre de vêtements sont produits dans d’autres pays et continents. Il s’agit alors de prendre du recul et de s’intéresser au mix énergétique mondial. En octobre 2022, les énergies non-renouvelables (charbon, pétrole, gaz naturel, nucléaire, etc) représentaient 67% de la production d’électricité des pays membres de l’OCDE. Ce pourcentage va bien sûr varier en fonction des pays.

En produisant, l’industrie de la mode va être amenée à consommer de l’électricité, depuis la conception du vêtement jusqu’à sa fin de vie (ou seconde vie) et son impact va donc dépendre du mix énergétique des différents pays dans lesquels elle va produire. Cette notion passe parfois à la trappe des analyses sur certains bilans carbone.

Ainsi, plus une marque va produire et plus elle produira dans des pays au mix énergétique majoritairement tourné vers les énergies fossiles, devant assurer le transport des marchandises, plus elle sera émettrice de CO2 et donc aura un impact important.

Un premier pas des marques

Pour reprendre la main sur l’électricité, les entreprises et marques peuvent s’engager en apportant une réflexion sur le choix des pays qui produiront leur marchandise et en choisissant un pays non seulement proche localement mais ayant un mix énergétique tourné vers les énergies renouvelables.

Pour aller encore plus loin, il est également possible pour les professionnels de lancer un projet d’autoconsommation sur leurs lieux de production des marchandises et de couvrir ainsi tout ou une partie du besoin d'électricité en énergies renouvelables.

Accompagner d’autres engagements de la part des marques (réduction de la production, amélioration de la qualité des vêtements, etc), la consommation d’électricité et son origine doit entrer dans les critères d’attention des marques sur leur impact environnemental.

Le pouvoir des citoyen·ne·s

Même si la mise en action doit venir des marques, les citoyen·ne·s ont un pouvoir indéniable sur ce changement. Les citoyen·ne·s ont un poids et peuvent collectivement interpeller les marques et les élus pour leur exiger l’exemplarité, le respect et la création de lois pour structurer un marché aux engagements un peu trop volatile.

Acteurs de la consommation, c’est également en changeant nos habitudes que nous engageons des changements plus profond dans la société :

👚 en achetant moins avec la méthode du B

🌍 de meilleure qualité en favorisant des marques éthiques avec une production locale

🧼 en faisant attention à apport un bon entretien aux produits et à les réparer si nécessaire. Vous pourrez retrouver sur notre bwatt à outil les astuces pour économiser de l’énergie en utilisant votre machine à laver, fer à repasser et sèche linge. 

🔁 en pensant à la seconde vie du vêtement notamment grâce à des initiatives comme le Label Emmaüs qui propose de donner une seconde vie à un large choix de vêtements et d’objets.

Pour en savoir plus sur le sujet : 

The Good Goods

Loom

ADEME

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