Publié le jeudi 3 août 2023

Débunkons les idées reçues en faveur du nucléaire - Episode 6 : “Relançons le nucléaire pour sauver la planète”

débunkage - nucléaire - idées reçues

Quand on parle d’énergies renouvelables (EnR) et de nucléaire, un certain nombre d’idées reçues circulent et ont parfois la peau très dure. Cet été, Enercoop vous propose une série d'articles pour y voir plus clair. Elle va ainsi s'attacher à démystifier - ou débunker - les idées reçues en faveur du nucléaire. Aujourd'hui, lumière sur 3 nouvelles idées reçues sur le lien entre l'énergie nucléaire et la démocratie.

Le nucléaire émet peu de gaz à effet de serre (GES), c’est un fait. Néanmoins, il est nécessaire d’adopter une approche plus systémique de la transition énergétique pour savoir si le nucléaire est réellement propre et s’il est efficace pour lutter contre le changement climatique. 

Le nucléaire a et est susceptible d’avoir des impacts considérables sur l’environnement, que ce soit par les rejets d’eaux chaudes des centrales ayant une incidence sur les écosystèmes environnants, les rejets d'éléments chimiques et radioactifs, la question incurable de la gestion des matières et déchets radioactifs ou encore les conséquences d’accidents nucléaires.

Pour agir face à l’urgence climatique, il est nécessaire de se concentrer sur des solutions efficaces. Pour évaluer l’efficacité d’une option par rapport à une autre, il s’agit d’ étudier sa faisabilité, son rythme de déploiement ainsi que son potentiel de développement. A court et moyen terme, le nucléaire est inefficace pour lutter contre le changement climatique, puisque les nouvelles installations ne produiraient pas d'électricité avant le milieu de la prochaine décennie, au mieux. L’urgence est pourtant d’agir maintenant. De plus, les sommes importantes d’argent mobilisées sur ce programme de relance nucléaire sont autant d'investissements qui ne seraient pas faits pour réduire les consommations et d’investissement dans d’autres moyens de production peu carbonés et disponibles rapidement. 

Se pose aussi la question de l’adaptation de nos infrastructures nucléaires face à la massification et à l’amplification des phénomènes météorologiques liés au changement climatique. La question se pose déjà pour les réacteurs historiques, mais ce point est d'autant plus préoccupant s’agissant de potentiels nouveaux réacteurs en fonctionnement jusqu’à la fin du siècle. Le refroidissement des centrales nucléaires nécessaire à leur fonctionnement est ainsi menacé par les épisodes de sécheresse et de fortes chaleurs agissant sur le débit des fleuves et leur température. Ceux-ci engendrent  déjà régulièrement des ralentissements et arrêts de production et devraient vraisemblablement augmenter dans les décennies à venir. Le nucléaire, fort débiteur d’eau, questionne aussi sur la répartition des usages de l’eau douce, qui, nous le voyons dès à présent, se raréfie. 

Enfin, si le nucléaire est présent dans les 4 trajectoires proposées par le GIEC pour limiter le réchauffement climatique et que sa production augmente dans la plupart des cas, une analyse plus fine montre que la part du nucléaire dans le mix électrique mondial, c’est-à-dire sa place par rapport aux autres sources d’énergie, est plutôt faible et diminue dans la moitié des scénarios. Le GIEC a même étudié certains scénarios envisageant une diminution de la production nucléaire d’ici 2050. Il est donc faux d’affirmer que le GIEC décrit le nucléaire comme indispensable dans la lutte contre le changement climatique et encore moins qu’il incite à construire de nouvelles installations nucléaires. Le GIEC insiste surtout sur la nécessité d’agir dans les prochaines années, avec des moyens disponibles, ce qui, appliqué au cas français, questionne l’intérêt du déploiement de nouveaux réacteurs nucléaires qui ne verraient le jour pas avant 2035-2037.

☞ Il est vrai que le nucléaire français émet peu de CO2

Voici les chiffres issus de la Base Empreinte publiée par l’Ademe sur l’analyse du cycle de vie des différentes sources de production d’électricité en France, en équivalent CO2 :

Au niveau mondial, les émissions issues du nucléaire sont toutefois très variables. Le GIEC retient comme valeur moyenne 12 gCO2e/kWh, avec une fourchette allant de 4 à 110 gCO2e/kWh (2), en raison notamment des conditions d’extraction et d'enrichissement de l’uranium, cette dernière étape étant particulièrement consommatrice en énergie dont la source est plus ou moins émettrice de gaz à effet de serre.

☞ Néanmoins dire que le nucléaire est bon pour le climat est un raccourci trompeur

« Le nucléaire émet peu de gaz carbonique, le gaz carbonique est mauvais pour le climat, donc le nucléaire est bon pour le climat. » (4). La logique de ce raisonnement semble implacable, la diminution des émissions de gaz à effet de serre étant en effet primordiale. C’est ce qu’Hervé Kempf, rédacteur en chef du journal Reporterre, appelle “le plus gros sophisme du nucléaire”, ou autrement dit, un biais de raisonnement utilisé pour légitimer le recours au nucléaire, et particulièrement à la construction de nouveaux réacteurs.

Mais, qu'est ce qui est problématique dans cette affirmation ?

  • L'attention portée aux émissions de GES est tout à fait valable mais ce qui pose problème dans cette affirmation est que l’on perd de vue l’aspect systémique de la transition énergétique. En effet, au-delà de l’émission de gaz carbonique, et d’autres effets de serre, un moyen de production peut avoir d’autres effets délétères sur son environnement.
  • Dire que la production d’une énergie, qui implique nécessairement un impact négatif sur l’environnement, est bon pour le climat tend à faire croire que la solution est à trouver uniquement dans le moyen de production et non dans la consommation. Or, la transition écologique ne se résume en effet pas à la décarbonation de nos usages. Il ne s’agit pas de remplacer une énergie, les énergies fossiles, par une autre source d’énergie, le nucléaire et/ou les énergies renouvelables, en laissant inchangés nos modes de vie et le niveau de consommation énergétique qui en découle. En effet, le levier d’action ayant le plus d’impact sur la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre et notre empreinte écologique globale, c’est la sobriété et l’efficacité énergétique. 
  • Il peut être intéressant par exemple de considérer l'intérêt du nucléaire à l'aune de sa capacité à contribuer à l’atteinte des ODD (Objectifs de Développements Durables). Ces objectifs ont été définis par l’ONU dans le but de répondre aux défis mondiaux, notamment “liés à la pauvreté, aux inégalités, au changement climatique, à la dégradation de l’environnement, à la prospérité, à la paix et à la justice”. Le GIEC a évalué la capacité de différents leviers d’action de décarbonation à participer à l’atteinte de ces ODD. négaWatt a cumulé ces données et a proposé un comparatif entre différents leviers d’action. Le résultat de ces travaux (5) est que le nucléaire participe faiblement à l’atteinte des ODD, même dans la configuration où il viendrait en remplacement du charbon qui on le sait a des impacts très nocifs sur l’environnement et la santé. Ceci amène négaWatt a dire que cette évaluation “même avec les réserves d’usage, tend à disqualifier (le nucléaire) en tant que “solution soutenable””.
☞ Le nucléaire comporte des impacts et risques spécifiques dont il faut tenir compte

Avant toute chose, il est nécessaire d’avoir une approche systémique incluant tous les impacts environnementaux d’une trajectoire de transition énergétique afin qu’elle soit résiliente.

Au-delà du bilan carbone d’une technologie, il est nécessaire de prendre en compte l’ensemble de l’empreinte écologique d’une trajectoire de transition, incluant au-delà de nos émissions de gaz à effet de serre (empreinte carbone) le besoin de matière, de terre et l’impact sur la biodiversité (voir ce papier du Réseau Action Climat sur le sujet). Encore une fois, c’est la sobriété qui permet de baisser notre empreinte écologique en atténuant par exemple la pression sur les besoins de matières premières. L’Ademe a mis en avant dans son rapport la plus grande résilience et la bonne adaptation des scénarios s’appuyant sur la sobriété (scénario S1-Génération Frugale, S2-Coopérations territoriales) vis-à-vis du changement climatique par rapport à aux scénarios qui remettent le moins en question nos modes de vie (S3-technologies vertes et S4-Pari réparateur). Le scénario S4 induirait par exemple un accroissement des inégalités dans l’accès à certaines ressources, en raison par exemple des fortes consommations d’eau et causerait ’”une dégradation accélérée de la santé des écosystèmes (accroissement des pressions et impacts environnementaux)” (6).

☞ Le rejet d’eau chaude effectué par les centrales nucléaires a des conséquences sur les fleuves et leur écosystème

Pour fonctionner, les centrales nucléaires ont besoin d’eau pour refroidir les réacteurs. Cette eau est prélevée dans les fleuves ou bien dans la mer, puis circule au travers de l'installation nucléaire et est ensuite rejetée dans ces mêmes sources d’eau à une température plus élevée. Ces rejets d’eau chaude ont un impact non anecdotique sur la température du cours d’eau. Par exemple, l'ASN (8) (Agence de sûreté nationale) estime que les rejets thermiques des centrales nucléaires entre 1988 et 2010, sont responsables pour une part estimée entre 33 et 52 % de l'échauffement du Rhône (9).  Pour l'instant, les études sur l’impact des rejets d’eau chaude sont encore rares mais les hypothèses vont dans le sens d’un impact sur les écosystèmes locaux. Le spécialiste de la biodiversité aquatique à l’INRAE (Institut national de la recherche agronomique), Jérémy Lobry, confiait dans la revue Sciences et Avenir qu’il ”est sûr qu'il y a des impacts physiologiques directs à court terme sur la faune moins mobile comme les crustacés, les mollusques (...). Ces impacts directs peuvent se traduire par une augmentation de la mortalité locale” (10).

De plus, plusieurs collectifs de citoyen⋅nes et d’expert⋅es (11) ont mené des observations sur l’incidence de ces rejets sur la faune et la flore, particulièrement en période de sécheresse (11). Ces impacts vont devenir de plus en plus préoccupants à mesure que les cours d’eau se réchauffent et que leur débit se réduit, sous l’effet du réchauffement climatique.

On connaît l’impact du réchauffement climatique sur l’échauffement des eaux et, in fine, sur la faune et la flore des fleuves. Les rejets d’eau chaude issus des réacteurs nucléaires viennent donc s’ajouter à cet échauffement tendanciel. Des normes environnementales réglementent ces rejets et peuvent contraindre les réacteurs à s’arrêter pour que la température des fleuves ne dépassent pas une certaine température. Toutefois, de nombreuses dérogations ont déjà été accordées (12) comme durant l’été 2022 pendant lequel 5 centrales ont été autorisées à continuer leurs rejets. S’il y avait effectivement des raisons conjoncturelles, comme une indisponibilité record du parc nucléaire, cette situation illustre la tendance plus structurelle d’une pression croissante qui s’exerce sur les dérogations aux normes environnementales, à mesure que la fréquence des épisodes de canicule et de sécheresse augmente.

☞ Des rejets d’éléments chimiques et radioactifs provenant d’installations nucléaires ont été constatés

En principe, les rejets de substances chimiques issues de centrales, dans l’atmosphère et dans les milieux aquatiques sont autorisés dans des limites de concentration et contrôlés. Néanmoins, comme l’on montré divers organismes indépendants au devant desquels la CRIIRAD (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité), leurs impacts sont sous évalués ou insuffisamment surveillés (13). Ces organismes ont ainsi mis en lumière diverses pollutions chimiques au chlore, nitrate et acide borique, utilisés pour le fonctionnement de la centrale, et radioactives à des doses importantes en aval des centrales. Ces organismes ont retrouvé des éléments radioactifs comme le tritium et le carbone 14 dans les cours d’eau à des doses bien plus élevées en aval qu’en amont des centrales, au-delà des niveaux de concentration autorisés. Une autre problématique est que l’on retrouve parfois ces substances jusque dans l’eau potable de certaines villes en aval des centrales. 

Une étude réalisée par la CRIIRAD sur la période de janvier 2016 à septembre 2021, montre une contamination des eaux potables par le tritium pour une trentaine de communes, jusqu’à une cinquantaine de kilomètres en aval de la centrale nucléaire de Golfech (Occitanie).

L’ASN évoque, dans une note de 2022, le risque que la diminution du débit des cours d’eau, accentués par les phénomènes liés au changement climatique, puisse “affecter la dispersion des effluents liquides issus des réacteurs et donc augmenter les concentrations des rejets chimiques et radiologiques dans le milieu” (14).

☞ Enfin, la question incurable des déchets, matières et résidus radioactifs qui polluent leur environnement et présentent des risques sanitaires

Nous le verrons en détails dans l’épisode 7, mais la question des déchets et des matières radioactives, en plus de représenter un risque de sûreté et de sécurité dans leur transport (15) et leur stockage, a un impact sur l’environnement du fait par exemple des produits utilisés pour leur traitement et des cas d’écoulement dans les sols. Moins connue, la pollution engendrée par les résidus à vie longue issus des gisements d’uranium (en France et à l’étranger) est bien réelle. Sur le territoire métropolitain, on compte environ 250 gisements qui ont été exploités entre 1947 et 2001 (16). Ils ont laissé 51 millions de tonnes (environ 40 millions de mètres cube) de résidus radioactifs stockés sur place et 170 millions de tonnes (plus de 100 millions de mètres cubes) de roches stériles, roches extraites pour accéder à l’uranium, qui sont contaminées par des métaux lourds radioactifs. Ces roches stériles ont été entreposées sur place ou réutilisées sans précaution particulière pour la construction de plateformes, chemins, routes, parkings et bâtiments. Ils contiennent pourtant de l’uranium et ses descendants radioactifs engendrant selon la CRIIRAD “une exposition par irradiation”  notamment par l’émission de rayonnements gamma très pénétrants, de l’inhalation de poussières radioactives et un gaz radioactif, le radon. C’est ainsi que la CRIIRAD avait relevé un taux de radiation 6 fois supérieur à la normale à l’endroit d’un centre de loisirs (17), exposant par là même ses usagers.

Il ne faut pas non plus oublier les conséquences des extractions qui perdurent à l’étranger pour alimenter la filière nucléaire française en uranium, dans des conditions peu soucieuses de l’environnement (18). Des tonnes de déchets et boues radioactives (19) ont été abandonnées, engendrant diverses pollutions et des impacts sur la santé des populations avoisinantes. C’est notamment le cas au Niger, sur le site de l’ancienne mine à Arlit exploitée par Orano, ex-Areva, pendant 40 ans, où sont entassées 20 000 tonnes de boues radioactives non confinées. En plus de l’exposition à l’époque où la mine était active, ces boues exposent encore aujourd’hui la population à l’inhalation des gaz et poussières transportées par les vents violents de la région, et à l'ingestion des substances notamment via l’eau potable ou la nourriture. Greenpeace et la CRIIRAD ont relevé dans une étude d’impact réalisée par l’exploitant que “le taux de mortalité lié à des infections respiratoires dans la ville d’Arlit (16,19 %) étaient alors deux fois supérieurs à la moyenne nationale (8.54 %)" (20), avec en cause l’activité minière. En absence d’autre étude, il est difficile de quantifier précisément l’impact des effluents radioactifs sur la population.

☞ Sans oublier…

Sur la question du risque d’accident et de ses conséquences potentielles induit par l’existence des centrales nucléaires : nous vous invitons à consulter l’épisode 4 “Arrêtons de faire peur avec le nucléaire". L’improbable est impossible”.

Non, le moyen le plus efficace est la sobriété et l'efficacité énergétique qui permettent de baisser notre consommation et réduire notre dépendance aux énergies fossiles afin d’avoir un mix énergétique soutenable.

☞ Il faut agir dès maintenant en concentrant nos ressources sur les moyens disponibles

Toutes les options pour agir ne peuvent être mobilisées indistinctement et sans une hiérarchisation de leur potentiel et de leur capacité à répondre rapidement à la crise écologique. La première paire d’EPR 2 devrait entrer en service en 2035-2037, au plus tôt. Pourtant, l’urgence est d’agir dans les dix prochaines années avec des moyens disponibles rapidement, c’est du moins ce que le GIEC a rappelé (cf idée reçue n°3). De plus, sur ce laps de temps, des quantités colossales d’argent (public et privé) vont être mobilisées, au dépend d’autres investissements dans la réduction des consommations d’énergie (sobriété et efficacité énergétique) et du déploiement de nouvelles capacités de production permettant de remplacer, au plus vite, les énergies fossiles. On voit donc bien que la justification de la lutte contre le réchauffement climatique, utilisée pour relancer le nucléaire, contient de nombreuses limites. Enfin, c’est sans compter sur les probables dérapages de coûts et de délais des nouveaux chantiers nucléaires, comme nous avons pu le constater sur les modèles EPR de Flamanville, Hinkley Point, Olkiluoto et Taishan (pour plus d’informations vous pouvez consulter les épisodes 2 et 3).

☞ Les réacteurs sont inadaptés au réchauffement climatique

Il est essentiel lorsque l’on parle de la relance potentielle d’un programme nucléaire de prendre en compte la question de l’adaptation des réacteurs face à la massification et à l’amplification des phénomènes météorologiques liés au réchauffement climatique. En effet, les épisodes de sécheresse et de fortes chaleurs agissent sur le débit et la température des fleuves ce qui affecte déjà la disponibilité des réacteurs nucléaires. Cette difficulté va s’amplifier à terme en particulier pour les nouveaux réacteurs qui devraient fonctionner jusqu’aux années 2080.

☞ L’inadaptation des réacteurs aux changements climatiques provoque  déjà des pertes de production et cela tend à s’aggraver.

L’eau utilisée pour le refroidissement des centrales nucléaires représente plus de la moitié de l’eau douce prélevée en France sur les 27,8 milliards de m3 d’eau prélevée au total, ce qui en fait l’activité la plus grande préleveuse d’eau (21), loin devant l’agriculture. Même si l’essentiel de cette eau est ensuite restituée, ce besoin crée une forte dépendance des centrales vis-à-vis des sources d’eau et constitue une fragilité face aux aléas climatiques. En effet, comme vu plus haut, lorsque la température de l’eau d’un fleuve est trop haute ou bien son débit trop faible, les réacteurs doivent s’arrêter. Dans un rapport de mars 2023 sur l’adaptation au changement climatique du parc de réacteurs nucléaires, la Cour des comptes notait une “augmentation significative des arrêts pour causes climatiques” entraînant des pertes s’élevant à “plusieurs térawattheures par an”.  Dès à présent, nous sommes confrontés à l’augmentation de l’intensité et de la fréquence des épisodes de canicule et de sécheresse ce qui va accentuer ce phénomène de stress hydrique, se répercutant inexorablement sur la production des réacteurs.

 Les études prospectives mettent en évidence une “multiplication par un facteur de trois à quatre des indisponibilités liées au réchauffement climatique à échéance de 2050.” (22)

C’est également ce que confirme RTE dans son rapport prospectif de 2022 : “pour les sites en bord de fleuve (...) les risques d'indisponibilité des tranches devraient augmenter”. Ces difficultés concernent en particulier les réacteurs historiques de 6 centrales (Saint-Alban, Tricastin, Bugey, Blayais, Golfech, Chooz) sur les 18 que compte la France, et les nouveaux réacteurs puisqu’il est prévue que la troisième paire d’EPR 2 soit installée en Auvergne-Rhône-Alpes le long d’un fleuve. Ce réacteur nucléaire qui serait construit vers 2040 et sera certainement en service jusqu'à 2080 voire 2100.

☞ Le nucléaire est l’un des secteurs le plus consommateur en eau douce

Remarque : La quantité d’eau “prélevée” et la quantité d’eau réellement “consommée” sont deux notions différentes.

Les réacteurs à circuit “ouverts”, qui représentent 26 des 56 réacteurs, prélèvent une quantité importante d’eau dans les cours d’eau ou la mer mais rejettent ensuite leur quasi-totalité, avec donc peu d’eau consommée, c’est-à-dire de l’eau prélevée mais non réinjectée dans les milieux aquatiques. A l’inverse, les réacteurs “fermés”, qui représentent les 30 autres réacteurs, prélèvent moins d’eau (entre 22 % et 30 % de moins que pour les réacteurs en circuit ouvert) mais une partie de cette eau, environ 40 %, n’est pas rejetée dans la source d’eau et s’évapore dans l’atmosphère à la sortie des tours aéroréfrigérantes. C’est pourquoi le bilan environnemental de la France publié en mars 2022 par le ministère de la Transition écologique indique qu’entre 2008 et 2018, "l’agriculture est la première activité consommatrice d’eau, devant le refroidissement des centrales électriques, l’eau potable et les usages industriels" (23), faisant du nucléaire la deuxième activité la plus consommatrice d’eau douce. Néanmoins, en mars 2023, en pleins débats sur le projet de loi d’accélération des procédures liées à la construction de nouvelles installations nucléaires (24), le Ministère de la transition écologique a publié une nouvelle évaluation. Dans celle-ci, le nucléaire est tout de même la troisième activité la plus consommatrice d’eau en France, représentant 12 % (25) de l’eau consommée, derrière l’eau potable (26 %) mais devant les usages industriels (5 %). Loin d’être anecdotique, cela représente tout de même 492 millions de m3 d’eau qui sont consommés par les centrales nucléaires. (26)

Dès lors, les besoins massifs en eau pour le fonctionnement des centrales posent la question des conflits de l’utilisation de l’eau douce avec d’autres usages. Nous voyons déjà comment la question du partage de l’eau est un enjeu majeur et cette situation va s'amplifier. Relancer un nouveau programme nucléaire risque donc de se traduire  par une pression sur l’accès à l’eau à mettre en parallèle avec une raréfaction de la ressource et des arbitrages entre les différents postes de consommation d’eau.

☞ Les solutions avancées par le gouvernement sont difficiles à mettre en place et ne répondent que partiellement aux enjeux (27)

Emmanuel Macron a annoncé en avril 2023 un plan d’investissement  pour réduire la consommation d'eau, notamment des centrales nucléaires historiques. L’un des leviers identifiés par le gouvernement serait l’installation de tours aéroréfrigérantes sur les centrales à circuit ouvert. Les réacteurs fermés prélèvent en effet moins d’eau, mais l’inconvénient c’est qu'ils en consomment une partie qui s’évapore.

EDF qui a mené des études exploratoires pour trois sites qui seraient concernés a été interrogée par la Cour des comptes et a affirmé que  "la faisabilité technique et foncière est très complexe et difficile à mettre en œuvre. Les coûts sont très élevés : un coût d’installation de l’ordre 500 millions d’euros et des coûts de maintenance significatifs restant à évaluer" (28) . De plus, cette solution "ne répondrait qu’imparfaitement aux enjeux climatiques" (28) selon l’entreprise elle-même, puisque certes cela limiterait l’augmentation de la température des fleuves et la quantité d’eau prélevée, mais cela augmenterait la quantité d’eau consommée, c’est-à-dire qui s’évaporerait.  La solution apparaît donc peu adaptée au vu de la raréfaction de la ressource. (27)

☞ Les centrales du nucléaires seront de plus en plus exposées au risque de submersion du fait d'inondations et de la montée des eaux de la mer

En effet, toutes les centrales nucléaires historiques sont situées en bordure de mer ou d’un fleuve. C’est également le cas pour les réacteurs prévus dans le cadre de la relance.

Ce risque existe depuis toujours. En 1999, une submersion de la centrale du Blayais, en Gironde, suite à une tempête qui avait engendré une vague dépassant la digue existante avait entraîné un incident de niveau 2 selon l’ASN et un arrêt des réacteurs pendants plusieurs jours. Ce genre de cas tend à s’accentuer avec l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes.

☞ À l’échelle mondiale, il faut se concentrer sur des solutions d’envergure or le potentiel de développement du nucléaire est restreint

Le nucléaire est une option pour remplacer des centrales thermiques utilisant des énergies fossiles pour produire de l'électricité. Son champ d’action est donc essentiellement restreint à la production d’électricité. De plus, le développement de réacteurs nucléaires est très lourd sur le plan technologique et hautement capitalistique puisqu'il concentre dans quelques unités des investissements massifs. La capacité de puissance de chaque réacteur ne le rend compatible qu'avec des réseaux électriques de grande taille. C’est pourquoi le nucléaire ne s’est développé que dans une minorité de pays. Ceci explique en grande partie pourquoi son efficacité dans la limitation des émissions de GES à l’échelle mondiale est restée marginale (29). Le nucléaire n’est toujours pas une option à la portée de tous les pays, particulièrement sur une échelle de temps aussi restreinte que celle imposée par l’urgence climatique. Et c’est pourquoi, la contribution du nucléaire dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre sera au plus mineure. Même dans un scénario de l’AIE (Agence internationale de l’énergie) du 2014 (30), fortement nucléarisé (multiplie la production nucléaire annuelle par 2.5 d’ici à 2040), le nucléaire fournirait en 2040, 18 % de l’électricité mondiale et contribuerait à seulement à 10 % environ de la réduction des émissions de CO2 liées à l’énergie. Dans ce scénario, dont la réalisation est loin d’être évidente, la contribution du nucléaire resterait en fait loin derrière l’efficacité énergétique (la moitié environ du potentiel de réduction), et la combinaison des énergies renouvelables (environ un quart du potentiel de réduction).

Contrairement à ce qui est couramment dit, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) n’affirme à aucun moment que le développement du nucléaire est indispensable à l’atteinte de la neutralité carbone.

☞ Si le nucléaire est présent dans les scénarios du GIEC, ce dernier n’appelle pas à un déploiement massif de nouvelles capacités nucléaires pour lutter contre le réchauffement climatique

En effet, le GIEC ne préconise pas de s’orienter vers une augmentation de la part du nucléaire dans le mix énergétique mondial. Il ne peut donc pas être utilisé pour légitimer une relance du nucléaire en France.

☞ La place du nucléaire dans les scénarios du GIEC est peu importante

Au total, l’ensemble de la production d’origine renouvelable fournit entre   35,6 % et 96,7 % de l’électricité en 2050 dans les 85 trajectoires pour lesquelles le GIEC recense une quantification de l’évolution du secteur électrique, avec une valeur médiane à 77,5 %. Le nucléaire fournit par comparaison 1 % à 39,6 % de l’électricité mondiale, avec une valeur médiane à 8,9 % (31).

Le rapport du GIEC montre surtout que la mobilisation du nucléaire ne joue pas de rôle véritablement significatif , voire ne constitue qu’un appoint dans 2 des quatres trajectoires proposées (P1 et P2).

☞ Le GIEC prévoit même, malgré l’augmentation de la production nucléaire, une baisse de la part du nucléaire dans la production d’électricité globale dans la moitié de ses scénarios

Car si le nucléaire est présent dans les quatre trajectoires proposées par le GIEC dans le résumé pour décideurs, avec certes une anticipation d’une hausse de la production nucléaire pour les 4 trajectoires, on se rend compte que dans le rapport complet, la part du nucléaire dans la production électrique diminue dans la moitié des 85 scénarios qui sous-tendent les quatre trajectoires. En valeur médiane, on constate effectivement que la part du nucléaire dans la production d’électricité passerait dans la moitié des scénarios de 10.9 % en 2020 à 8.9 % en 2050. Dit plus simplement, le GIEC prévoit une diminution de la place du nucléaire dans la moitiés des scénarios permettant d’atteindre l’objectif de 1.5 degrés maximum de réchauffement.

Le GIEC a également étudié des scénarios proposant un déclin significatif de la production nucléaire, allant jusqu’à -64 % (32), c’est-à-dire sans envisager la construction de nouveaux réacteurs autres que ceux déjà en construction. i Si un fort développement des énergies renouvelables électriques est indispensables dans toutes les trajectoires, ce n’est pas le cas pour le nucléaire.

☞ Le GIEC évalue, au niveau mondial, une faible contribution nette du nucléaire dans la réduction des émissions de GES à l’horizon 2030, par rapport à d’autres énergies

Le graphique ci-dessous, issu de la synthèse du sixième rapport du GIEC, montre le potentiel très réduit du nucléaire en matière de contribution à la réduction des émissions de GES à l’horizon 2030, comparativement à d’autres types de production d’énergie au devant desquels le solaire et l’éolien. En effet, le GIEC envisage que le nucléaire permettra une diminution d’un peu moins d’1 gigatonne d’équivalent CO2, là où l’énergie solaire permettrait d’éviter 4.5 gigatonnes équivalent CO2 et l’éolien un peu moins de 4.

Potentiel de contribution net à la réduction des émissions de GES à l’horizon 2030 - Synthèse du sixième rapport du GIEC - p.28 (33)

☞ Le GIEC insiste particulièrement sur la nécessité de déployer rapidement des actions de réduction des émissions de gaz à effet de serre en utilisant des moyens accessibles.

Le GIEC a insisté dans ses derniers rapports sur le fait que, malgré les politiques climatiques mises en place dans de nombreux pays, il faut agir avant 2030 et de manière “rapide, radicale et le plus souvent immédiate” sur la diminution des émissions de gaz à effet de serre si nous voulons tenter de limiter le réchauffement climatique de la planète à 1.5 degrés. Pour cela, le GIEC a insisté sur la nécessité de recourir à des options qui soient financièrement accessibles et rapides à déployer. Or, force est de constater que la construction et la mise en service d’une centrale nucléaire sont trop lentes pour répondre à l’urgence climatique : il faut en moyenne 10 à 19 ans d’après le rapport du GIEC de 2014 entre la prise de décision et la production d’électricité.  Les mesures à prendre d’ici là pour réduire nos GES sont donc incompatibles avec le rythme de déploiement des nouvelles centrales nucléaires. (34)

Dans le cas français, le gouvernement table par exemple, de manière optimiste, sur la mise en service d’une potentielle nouvelle paire de réacteurs nucléaires pour 2035-2037 (au plus tôt). Ainsi, pour répondre aux défis qui nous attendent dans la prochaine décennie, on ne peut pas compter sur de nouvelles capacités nucléaires.

☞ Le recours accru au nucléaire est envisagé dans les scénarios où la demande en énergie est la plus élevée et qui sont aussi ceux présentant une probabilité élevée de dépassement, au moins temporaire, d’un réchauffement climatique à +1.5 degrés au cours du siècle

Les différents scénarios proposés par le GIEC se distinguent par le niveau de consommation d’énergie envisagé. Le recours au nucléaire et à la capture-séquestration de carbone est en fait “inversement proportionnel au niveau d’action sur la maîtrise de la demande” (35). Autrement dit, c’est dans les trajectoires P3 et P4 où la demande énergétique est la plus élevée, que le nucléaire et la capture et séquestration carbone sont les plus sollicités. Or, la trajectoire P3 présente une probabilité élevée d’un dépassement au cours du siècle d’un réchauffement moyen de 1.5°C, bien que celui-ci soit “minime”. La trajectoire P4 contient de son côté une probabilité élevée d’un dépassement marqué. (36) Si le GIEC ne conclut pas qu’une trajectoire mondiale intégrant plus de nucléaire contiendrait une probabilité élevée de dépassement des 1.5 degrés, la modélisation des trajectoires énergétiques qu’il a proposé ne joue, au moins sur ce plan, pas en faveur d’un déploiement massif du nucléaire.

☞ négaWatt a effectué une projection (37) à l’échelle mondiale de sa démarche et a estimé qu’une trajectoire qui ne ferait appel ni aux énergies fossiles, ni au nucléaire, ni à la géo-ingénierie serait envisageable

L’association négaWatt a reconstitué un mix énergétique mondial en 2050, cohérent avec sa démarche, sur la base des données fournies par le rapport du GIEC et l’Agence internationale de l’énergie en prenant des hypothèses ambitieuses en matière de maîtrise de la demande et de développement des énergies renouvelables. Une telle trajectoire énergétique ne recourant ni aux énergies fossiles, ni au nucléaire, ni à la géo-ingénierie (qui sont moins bien notées au regard des objectifs de développement durable définis par l’ONU) semble envisageable. Elle se situerait même entre la trajectoire P1 et P2 proposée par le GIEC, c’est-à-dire sans pousser au potentiel maximal (de maîtrise de la demande et de déploiement des énergies renouvelables) identifié dans la trajectoire P1.

Sources :

(1) Unité utilisée pour comparer les émissions de divers gaz à effet de serre générées par la production d'électricité, convertie en équivalent CO2, exprimée en grammes de CO2 par kWh produit.

(2) GIEC, Climate Change 2014 : Mitigation of Climate Change, Contribution of Working Group III to the Fifth Assessment Report, 2014. Chapitre 7, Energy Systems https ://www.ipcc.ch/pdf/assessment-report/ar5/wg3/ipcc_wg3_ar5_chapter7.pdf

(3) Les valeurs indiquées dans ce tableau sont des estimations issues de l’interprétation d’un schéma présenté à la page 541 du Rapport du GIEC

(4) Le nucléaire n’est pas bon pour le climat - Hervé Kempf - Editions Seuil - 2022

(5) https ://www.negawatt.org/IMG/pdf/200924_note_nucleaire-et-les-energies-renouvelables-dans-les-trajectoires-mondiales-de-neutralite-carbone.pdf cf figure 1 p.6

(6) Résumé exécutif - Feuilleton Adaptation au changement climatique des scénarios de Transition(s) 2050 P.5

(7) https ://afterres2050.solagro.org/decouvrir/scenario/ 

(8) L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a pour mission d’assurer, au nom de l’État, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France pour protéger les travailleurs, les patients, le public et l’environnement des risques liés aux activités nucléaires et de contribuer à l’information des citoyens. C’est une autorité administrative indépendante qui a été créée par la loi Transparence et Sécurité en matière Nucléaire (TSN) du 13 juin 2006.

(9) Synthèse de l’étude thermique du Rhône initiée par le Préfet coordonnateur du bassin Rhône-Méditerranée et réalisée par EDF - mai 2016 p.6-7 https ://www.rhone-mediterranee.eaufrance.fr/sites/sierm/files/content/migrate_documents/EtudeThermiqueRhone-Plaquette-Mai2016.pdf

(10) https ://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/les-derogations-permettant-le-rejet-d-eau-plus-chaude-des-centrales-nucleaires-impactent-elles-la-biodiversite-aquatique_165126

(11) https ://reporterre.net/En-ete-les-rejets-des-centrales-nucleaires-detraquent-les-cours-d-eau

(12) https ://www.actu-environnement.com/ae/news/centrales-nucleaires-derogation-prolongation-limites-rejets-thermiques-40154.php4

(13) https ://www.criirad.org/categorie/centrales-nucleaires/rejets-radioactifs/

(14) Note d’information - adaptation des centrales nculéaires d’EDF au changement climatique - ASN - 17 avril 2022 https ://www.asn.fr/l-asn-informe/actualites/adaptation-des-centrales-nucleaires-d-edf-au-changement-climatique

(15) L’ASN dénombre plusieurs centaines de transports annuels de produits dangereux, combustibles irradiés vers l’usine de retraitement de La Hague et de déchets nucléaires de haute activité.

(16) https ://www.criirad.org/wp-content/uploads/2017/08/CRIIRAD-2016-10-12-areva-steriles-uranium-radioactifs.pdf

(17) Pour plus d’information sur l’extraction de l’uranium à l’étranger et ses conséquences : https ://reporterre.net/IMG/pdf/uraniumatlas2022_fr_web.pdf

(18) https ://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/niger/au-niger-pres-de-20-millions-de-tonnes-de-dechets-radioactifs-entreposees-a-l-air-libre-par-une-entreprise-francaise_5618339.html

(19) https ://www.criirad.org/wp-content/uploads/2017/08/niger_greenpeace_-synthese.pdf

(20) L’eau en France : ressource et utilisation - synthèse des connaissances en 2021 - Ministère de la transition écologique ; Eau et milieux aquatiques - les chiffres clés Edition 2020

(21) Rapport de la Cour des comptes sur l’adaptation au changement climatique du parc de réacteurs nucléaires - mars 2023 p.9

(22) "L’agriculture est la première activité consommatrice d’eau avec 45 % du total, devant le refroidissement des centrales électriques (31 %), l’eau potable (21 %) et les usages industriels (4 %)" https ://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/sites/default/files/2022-04/datalab_100_bilan_environnemental_ed2021_mars2022_14avril2022_0.pdf

(23) Loi du 22 juin 2023 relative à l’accélération des procédures liées à la construction de nouvelles installations nucléaires à proximité de sites nucléaires existants et au fonctionnement des installations existantes

(24) L’eau en France : ressource et utilisation - synthèse des connaissances en 2021 - Ministère de la transition écologique

(25) Sur un total de 4.1 milliards de m3 d’eau consommée en France cf L’eau en France : ressource et utilisation - synthèse des connaissances en 2021 - Ministère de la transition écologique

(26) Pour aller plus loin : https ://reporterre.net/Economiser-l-eau-des-centrales-nucleaires-le-projet-discutable-de-Macron

(27) Rapport de la Cour des comptes sur l’adaptation au changement climatique du parc de réacteurs nucléaires - mars 2023 - P.76

(28) https ://decrypterlenergie.org/le-nucleaire-est-il-necessaire-a-la-lutte-contre-le-dereglement-climatique#fn-1060-3

(29) Agence internationale de l’énergie (AIE), World Energy Outlook, 2014 cité par https ://decrypterlenergie.org/le-nucleaire-est-il-necessaire-a-la-lutte-contre-le-dereglement-climatique#fn-1060-3

(30) en anglais “Sixth Assessment Report, AR6”

(31) Tableau p.27 https ://www.negawatt.org/IMG/pdf/200924_note_nucleaire-et-les-energies-renouvelables-dans-les-trajectoires-mondiales-de-neutralite-carbone.pdf

(32) https ://www.negawatt.org/IMG/pdf/200924_note_nucleaire-et-les-energies-renouvelables-dans-les-trajectoires-mondiales-de-neutralite-carbone.pdf P.25 à 31

(33) https ://report.ipcc.ch/ar6syr/pdf/IPCC_AR6_SYR_SPM.pdf

(34) https ://reseauactionclimat.org/publications/le-nucleaire-est-une-fausse-solution-pour-le-climat/

(35) Quelle place pour le nucléaire et les énergies renouvelables dans les trajectoires mondiales de neutralité carbone ? Analyse de l’Association négaWatt, sur la base des travaux du GIEC, septembre 2020

(36) “Les deux premières de ces trajectoires (P1 et P2), qui intègrent une action plus forte sur la demande, sont des trajectoires « sans dépassement », c’est-à-dire susceptibles non seulement de limiter le réchauffement moyen en dessous de 1,5°C à la fin du siècle, mais aussi de maintenir le réchauffement sous ce seuil pendant tout le siècle. La trajectoire P3, qui mise davantage sur les évolutions technologiques, correspond à un « dépassement minime », tandis que la dernière (P4), qui ne repose pratiquement que sur le déploiement de technologies se caractérise par un « dépassement marqué », susceptible de conséquences dramatiques au cours du siècle.” p.7 Quelle place pour le nucléaire et les énergies renouvelables dans les trajectoires mondiales de neutralité carbone ? Analyse de l’Association négaWatt, sur la base des travaux du GIEC, septembre 2020

(37) Pour en savoir plus sur cette projection consultez : “Vers une trajectoire mondiale 100 % renouvelable” dans la note https ://www.negawatt.org/IMG/pdf/200924_note_nucleaire-et-les-energies-renouvelables-dans-les-trajectoires-mondiales-de-neutralite-carbone.pdf p.9-11

(38) Plus d’informations sur la démarche négaWatt : https ://www.negawatt.org/sobriete-efficacite

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