Juliette, une formatrice et ingénieure électrisante en énergies renouvelables
Juliette Duvert est, depuis les bancs de l'école universitaire, attirait par les énergies renouvelables. De formation ingénieure, son parcours témoigne de sa volonté de participer au développement des énergies renouvelables sur le territoire et de prendre part à la transmission de ce savoir. Formatrice sur "Pose Ton Panneau" , et bientôt en Photovoltaïque et Géothermie, Juliette fait également partie du Pôle Énergie. Découvrez son parcours et ses actions dans cette interview, ainsi que les choix qui l'on fait nous rejoindre.
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Bonjour Juliette, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Bonjour, je m'appelle Juliette Duvert, j'ai 34 ans et j'habite dans la Garrigue, au nord de Montpellier. J'ai rejoint Enercoop Languedoc-Roussillon il y a quatre ans et demi et j'en suis très contente. Je suis maman de deux petites filles, j'aime la nature, me balader et faire des chantiers de panneau solaire.
Quel est ton parcours ?
J'ai fait une école d'ingénieur en énergie renouvelable à Polytech Montpellier, puis j'ai eu deux expériences de travail, une dans un bureau d'études en réseau de chaleur et géothermie, en Ile-de-France, pendant presque trois ans et l’autre pour l'Agence de l'Énergie de la ville de Dublin, pendant 6 mois. Par la suite, j’ai fait un break durant lequel je suis partie, en voyage, six mois en Amérique centrale et six mois en Europe. Je suis revenue travailler en France, dans le Lot, au parc naturel régional des Causses du Quercy, pendant deux ans et demi en tant que Chargée de mission énergie-climat. Pour ce post, j'ai accompagné des collectivités dans des rénovations de bâtiments publics et dans des plans climat. C'était très chouette mais très politique, très macro et personnellement, j'avais besoin de concret, c’est pourquoi j'avais envie de rejoindre Enercoop Languedoc-Roussillon.
Quel est ton rôle au sein de la coopérative ?
Je travaille surtout pour le pôle énergie mais aussi pour la formation. Je fais principalement des études de faisabilité et du suivi de chantiers photovoltaïques pour des bâtiments et des ombrières. Bientôt, nous allons commencer du photovoltaïque flottant. On accompagne des collectivités dans leur démarches et c'est une partie de mon métier très technique que j'adore faire. Pour la partie formation, j’interviens principalement sur « Pose Ton Panneau », je suis en train de reprendre, avec d’autres intervenants, la formation “Géothermie” et, plus tard, ce sera celle sur le “Photovoltaïque” de 3 jours. Il m’arrive aussi d’intervenir pour les formations Master Énergie de l’Université de Montpellier. Pour finir, je m’occupe de la coordination du bureau d'études du cercle énergie.
Tu m’as dit remarquer qu’il y avait plus d'hommes qui se formaient. Pourquoi et comment inviterais-tu les femmes à se former ?
Tout à fait, cette constatation est assez intrigante et je me pose souvent la question. C’est vrai que c’est un monde très masculin et ça m’interroge, d’autant plus que je suis une femme et que c’est un domaine que j’aime particulièrement et où j’adore pratiquer, notamment pour “Pose ton Panneau”. Je pense donc que c'est très sociétal.
Mais comment j'inviterais les femmes à plus se former ? Peut-être qu’il faut envisager de faire des sessions pour femmes.
Cela aiderait à être plus à l’aise et à ne pas avoir peur du jugement des hommes. Malheureusement, les métiers sont encore très clivés mais il faut montrer aux femmes que c'est possible ! Nous devrions peut-être faire plus de bouche à oreille et être présent dans les festivals féministes ou des lieux de formation plus tournés vers les femmes. Quoi qu’il en soit, il faut savoir qu’au sein de nos sessions de formation il y a toujours énormément de bienveillance de la part des stagiaires entre iels, notamment, sur “Pose Ton Panneau” qui est une formation très technique.
De plus, en ce moment, les intervenantes sont deux formatrices et s’il n'y a que des femmes qui forment, c'est qu'on peut le faire.

Comment décrirais-tu une session classique de formation à tes côtés ?
Cela dépend des formations mais si on reprend la formation “Pose Ton Panneau”, il y a la partie théorique, de trois heures en visio, un soir de semaine. Cette partie tourne vraiment autour des questions de dimensionnement du projet (modèle économique, matériel et démarches administratives). Ce que j'apprécie particulièrement, c'est que c'est très personnalisé. On prend l'exemple d'un des participants, c’est-à-dire que l’on va regarder réellement le projet dans une maison d'un des participants, pour voir comment ça se ferait. Ce qui est bien, également, c'est que la pratique se fait un ou deux jours après la partie théorique, ce qui laisse le temps aux autres participants de faire leur dimensionnement chez eux et de poser leurs questions lors de la session pratique. J'aime beaucoup ce temps-là, parce que c'est un moment où on se rencontre avec les participants. Chacun a une raison différente de faire ce projet et c’est très enrichissant de les accompagner.
Pour ce qui concerne la pratique, elle s’effectue un samedi matin et on y retrouve en plus les notions de sécurité (utilisation du baudriller, les notions d’anti-chute). C’est un moment toujours très valorisant car lorsqu’on arrive sur place, le toit est juste un toit de tuile et au bout de quatre heures, il y a des panneaux qui fonctionnent.
C'est vraiment de l'empowerment ! C'est peut-être ça qu'on peut mettre en avant pour les femmes, de se rendre compte que même si on n'est pas bricoleur, on peut y arriver ! Même si on ne connaît rien, on peut le faire et trouver des solutions ensemble.
Souhaites-tu nous parler de ton approche pédagogique ?
À ce sujet, s’il y a bien quelque chose que je fais différemment c’est la partie “conférence”. Je n’aime pas faire une transmission de savoir très descendante où juste les stagiaires écoutent pendant 4 heures. C'est un truc que je n'aime pas parce que chacun a des besoins différents, particulièrement sur “Pose Ton Panneau”. Il y a des basiques que l'on voit tous ensemble mais j’aime bien que chacun puisse poser ses questions et que le temps s’organise, en finalité, autour d’un échange et d’un partage de connaissance. Ça stimule aussi sa réflexion et sa pratique. J'aime beaucoup cet aspect interactif, d’autant plus qu’il n'y a pas beaucoup de monde, on est généralement entre 4 et 8 personnes. C’est d’ailleurs une approche pédagogique que j’utilise aussi avec les étudiants de Master et que j’essaie d'amener sur le distanciel.
Pourquoi as-tu choisi de travailler chez Enercoop Languedoc-Roussillon ?
Enercoop, c'est un très beau projet, que j’étudie depuis que je suis étudiante. Pour tout vous dire, quand on est étudiant dans les énergies renouvelables, Enercoop, pour nous, c’est un peu le rêve. C'est important d'avoir un fournisseur 100 % renouvelable. De plus, mon expérience passée m’a fait réaliser la qualité de vie au travail chez Enercoop Languedoc-Roussillon. Une qualité de vie que l’on ne retrouve pas ailleurs. Le poste me correspond complètement sur l'aspect technique que j'adore et l’humain apporté par la coopérative. Le fait qu'il y ait une hiérarchie beaucoup plus posée ça aide aussi. L'état d'esprit de travailler ensemble. C'est un état d'esprit. On a beau dire la gouvernance partagée, mais ça marche parce que chacun a envie de prendre soin de ses collègues. C'est surtout ça qui m'a donné envie.
Un autre élément c'est le fait qu'on soit sociétaire de notre boîte. Le monde de l'ESS a vraiment changé beaucoup de choses dans mon quotidien. Quand je suis au travail, je sais que je suis 100 % dispo et très efficace parce que j'ai du temps pour me reposer et faire des choses que j'aime faire en dehors de mon travail. C'est hyper essentiel et je pense que j'aurai du mal à trouver une vie différente.
Raconte-nous quelque chose de marquant dans ton travail…
Je pense que c’est d’avoir vécu ma maternité à Enercoop Languedoc-Roussillon, c’était incroyable. J’ai ressenti beaucoup de bienveillance de la part de mes collègues. Je me souviens je tirais mon lait pour ma fille, c'était trop marrant parce que je m'extirpais et quand les mamans et papas voyaient du lait au frigo iels disaient “Oh, ça me rappelle des souvenirs”. C'était vraiment sympa. Il n'y a jamais personne qui m'a dit “mais où tu vas ? Qu'est-ce que tu fais ?”... Ça faisait partie du quotidien et c'était hyper soutenant. Surtout quand tu vis des moments de grosse fatigue et de gros bouleversements dans ta vie.
Un dernier mot ?
"La vie est belle ! Nous n'avons peur de rien." C’est issu du livre La chasse à l'ours de Michael Rosen et Helen Oxenbury. Un livre que je lis aux enfants et je trouve cette phrase assez chouette parce que ça reflète pas mal l'enthousiasme qu'il y a sur des projets quand même sociétaux très ambitieux pour une toute petite coopérative. Le fait d'avancer presque bille en tête, “on n'a pas peur, on y va”, malgré le contexte improbable qui se passe autour de nous économiquement et politiquement.





