Comprendre pour mieux décider :
des compétences clés pour des territoires énergétiques

Avec le retour d’expérience de Mathis Tortay, chargé de mission à l’Agglomération Bourges Plus, formé à la modélisation économique par Enercoop Languedoc-Roussillon, nous traçons les contours d'un partage des savoir objectifs et situés sur les énergies renouvelables. Derrière la technique du "business plan” c’est un véritable enjeu de montée en compétences des collectivités qui se dessine. Comprendre les flux financiers, négocier avec les développeurs et reprendre la main sur la valeur des projets énergétiques : une formation au service de l’intérêt collectif et des territoires.
Comprendre les modèles économiques des sociétés de projet, un enjeux pour les collectivités.
Retour sur le témoignage de Mathis Tortay, chargé de mission à l’Agglomération Bourges Plus.
Bonjour Mathis et merci de nous offrir cet échange. Pour commencer est-ce que vous pourriez nous dire quelle formation vous avez suivie chez nous ?
C'était une formation sur le modèle économique avec Simon Cossus-Bäy.C'était une formation de plusieurs jours en visioconférence. Ce n'était pas trop dense malgré le sujet qui est quand même complexe. Ce qui était intéressant pour moi en tant qu'agent territorial ça a été de me former à des dimensions très techniques avec un retour de terrain solide de la part du formateur. Les collectivités ne disposent pas de compétences en interne sur ces sujets et le fait de réaliser une formation professionnelle sur ces sujets m'a permis de mieux cerner les endroits où la collectivité a des marges de manoeuvre sur ces projets.
De plus, Enercoop ayant des valeurs éthiques et d'utilité sociale de par son statut coopératif, durant toute la formation on est dans une transmission objective et dans une recherche d'intérêts communs. Le partage de la valeur est abordé concrètement et c'est une valeur importante pour les territoires.
A qui s'adresse cette formation d'après vous ?
Chacun arrive en formation avec son propre bagage. Parmi les participants, un installateur photovoltaïque privé souhaitait renforcer ses compétences pour construire ses propres modèles économiques, preuve du niveau technique proposé, encore rare à ce degré dans le secteur public. J’y participais également en tant que chargé de mission en énergies renouvelables à l’Agglomération de Bourges Plus, une collectivité fortement engagée sur ces sujets : nous avions besoin d’une formation solide, à la hauteur de nos ambitions. Je me souviens aussi d'un autre agent de la fonction publique, responsable de la cellule énergies renouvelables de Dijon Métropole, une métropole particulièrement outillée, quasi dotée d’une mission de bureau d’études interne, avec une réelle maîtrise des projets.
Voir ces profils exigeants réunis autour d’une formation proposée par Enercoop témoigne d’un véritable label qualité : on sait que l’on vient y acquérir des compétences pointues, loin d’être évidentes à maîtriser.
En quoi la formation "Modélisation économique et financière d'une société de production d'énergie renouvelable" vous a-t-elle permis de mieux maîtriser les enjeux des projets d’énergies renouvelables sur votre territoire ?
La formation porte sur la construction et l’analyse de ce qu’on appelle communément un “business plan”, qu’Enercoop a justement choisi de nommer “modélisation économique et financière d'une société de production d'énergie renouvelable”. Ce terme est plus juste : il ne s’agit pas seulement de produire un document financier, mais de comprendre en profondeur comment un projet d’énergie tient économiquement. Cela implique des compétences techniques pointues : lecture d’un modèle Excel détaillé, compréhension de la structure du capital, de la dette, des taxes, des flux financiers, des indicateurs de rentabilité, mais aussi des liens entre choix techniques (puissance installée, production, raccordement) et équilibre financier. On touche là à un savoir généralement détenu par les développeurs ou les investisseurs.
L’apport majeur, pour une collectivité, est de rendre très concret le “partage de la valeur”. Derrière cette expression parfois abstraite, on voit précisément qui capte quoi : quelle part revient aux actionnaires, quelle part relève de la fiscalité locale, quelle part dépend de l’emprunt, et quels droits de décision sont associés à chaque niveau d’investissement. On comprend alors qu’un projet implanté sur un territoire peut générer des retombées importantes… mais que la majeure partie de la valeur peut aussi en sortir si l’on ne s’en préoccupe pas. Cette montée en compétence change profondément la posture. Elle permet de parler le même langage que les développeurs, de savoir jusqu’où négocier, d’évaluer si l’entrée au capital est pertinente, ou si les retombées proposées sont insuffisantes. En résumé, la formation donne les clés pour ne plus subir les projets, mais pour décider en connaissance de cause et faire des énergies renouvelables un véritable levier d’action territoriale.
Comment avez-vous connu l'Organisme de formation et fait le choix de vous former avec Enercoop ?
J’ai connu la formation d’abord parce que j’avais déjà participé à une session organisée par le CNFPT où intervenait Enercoop. Cela m’a permis d’identifier leur expertise et la qualité de leur approche. De plus, leur nom revient régulièrement, que ce soit comme acteur de terrain ou comme organisme de formation. À partir du moment où nous avons ressenti le besoin de monter en compétence sur la modélisation économique des projets photovoltaïques, il était assez naturel de regarder de leur côté. Quand on cherche des formations sur l’autoconsommation collective ou les montages économiques des projets d'énergies renouvelables, Enercoop fait partie des références qui ressortent.
Le besoin, pour notre collectivité, était très concret : nous sommes fortement sollicités par des développeurs et, depuis la loi APER de 2023, la question de l’entrée au capital se pose régulièrement. Or, des notions comme le TRI (Taux de Rentabilité Interne = rendement sur toute la durée de vie du projet par an) ou la VAN (Valeur Actualisée Nette = valeur réelle d'un projet en prenant en compte l'inflation) ne font pas partie du langage courant des collectivités. Nous sommes également co-actionnaires de plusieurs projets photovoltaïques (environ 28 MWc), accompagnés par notre SEM (Socitété d'Economie Mixte) locale. Il était donc indispensable de ne plus rester spectateurs, mais de comprendre réellement les modèles économiques présentés, d’être capables de lire les tableurs, de questionner les hypothèses et de participer aux décisions en connaissance de cause. La formation répondait précisément à ce besoin : gagner en autonomie et en capacité d’analyse pour devenir pleinement acteurs des projets énergétiques du territoire.
Le mot de la fin ...
Je reste attaché à EDF pour des raisons historiques de service public. Pour moi, l’énergie doit rester un bien d’intérêt général, mais je reconnais aussi la valeur écologique et humaine qu’apporte Enercop dans les projets citoyens. Je vois le réseau Enercoop comme un facilitateur sur le territoire, à l’interface entre collectivités, société civile et porteurs de projets citoyens. Les collectifs d’habitants et d'habitantes, sociétaires d’Enercop, sont accompagnés pour mener à bien des projets techniques et financiers complexes. Cette approche permet aux structures locales de devenir autonomes et favorise la diversité des projets, avec Energie Partagée, je considère le réseau Enercop comme des partenaires de confiance, capable de dialoguer de manière réciproque et flexible, sans imposer de contraintes strictes qui limiteraient notre liberté de décision. Cette relation collaborative me permet de prendre des décisions éclairées et de m’impliquer pleinement dans les projets. Enfin, je suis intéressé à continuer à me former avec Enercop, par exemple je vais suivre bientôt la formation sur le "Solaire Thermique" , pour renforcer mes compétences sur ce sujet.






