Publié le vendredi 23 janvier 2026

Réforme 2026 du DPE Ce que l'on en retient

Au 1er janvier 2026, la méthode de calcul réglementaire du DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) a évolué pour abaisser le facteur de conversion en énergie primaire de l’électricité de 2,3 à 1,9.

De quoi parle-t-on ?

Le facteur de conversion en énergie primaire désigne le rapport entre l’énergie finale (celle livrée dans un bâtiment, un logement en l’occurrence) et l’énergie primaire puisée dans la nature (gaz, électricité, fioul, uranium …) pour permettre cette livraison.
Ce coefficient est de 1 pour le gaz, le fioul et le bois par exemple car ce sont des énergies directement utilisables. Pour l’électricité, il est plus haut (reflétant notamment les pertes non négligeables occasionnées lors du transport) et dépend du type de centrale.  Il est calculé en effectuant la moyenne des coefficients de tous les moyens du parc de production d’électricité.

Pourquoi une telle réforme ?

Au moment de sa définition en 1972, la valeur de ce coefficient avait été fixée à 2,58. Puis, à l’entrée en vigueur de la réglementation environnementale des bâtiments neufs (RE2020) sa valeur a été modifiée pour atteindre 2,3.

Le 13 août 2025, un arrêté publié au Journal Officiel, acte la modification de coefficient de 2,3 à 1,9, permettant, selon le communiqué de presse du 9 juillet 2025 “de mieux refléter la réalité du mix énergétique français, largement décarboné grâce au nucléaire” et de “corriger une inégalité de traitement pénalisant jusqu’ici les logements chauffés à l’électricité”. 

Au-delà des évolutions réglementaires, ce coefficient représente une réalité physique, et sa valeur réelle en France est d’environ 2,5.

Qu’est-ce que cela change ?

Les étiquettes du DPE sont déterminées par des double-seuils performance énergétique-émission de gaz à effet de serre (voir figure ci-dessous), et la modification de ce coefficient aura un impact sur les deux paramètres :

  • sur l’étiquette performance énergétique (consommation d’énergie primaire, exprimée en kWh/m².an) car la consommation d’énergie primaire est calculée en multipliant la consommation d’énergie finale par ce coefficient ;
  • sur l’étiquette émission de gaz à effet de serre (exprimée en kgCO2eq/m².an) car cette grandeur est calculée à partir de la consommation d’énergie primaire.

Concrètement, cette modification entraîne donc une revue à la baisse des deux étiquettes du DPE pour tous les logements, et le phénomène est plus accentué pour les appartements chauffés à l’électricité.

L’association négaWatt estime à 1,2 millions le nombre de logements ainsi voués à sortir artificiellement du statut de passoire énergétique (étiquettes F et G du DPE) sans aucun travaux, sans amélioration du confort thermique des occupant⋅es, et sans diminution de la facture.
Sachant que le taux de passoires énergétiques dans le parc locatif privé s’établit à 19,8 % contre 17,3 % dans l’ensemble des résidences principales, cette mise à jour contribue à décourager les propriétaires bailleurs de passoires thermiques à entreprendre des travaux de rénovation énergétique. Les occupant⋅es des logements peu performants énergétiquement, souvent précaires, sont donc les premières victimes de cette modification.

Par ailleurs, cette réforme, pourtant supposée encourager la décarbonation de nos usages, risque en réalité décourager l'installation d’1,7 millions PACs d’ici 2030 au profit de simples convecteurs électriques lors de rénovations monogestes. Ces appareils, moins chers à installer, sont pourtant très peu performants énergétiquement, et particulièrement coûteux à l’usage. 

Enercoop réaffirme que la transition énergétique ne peut se faire sans mettre un accent prononcé sur des politiques de rénovation énergétique ambitieuses, qui permettent à la fois une augmentation du confort thermique des occupants et une diminution des factures. Pour traiter le sujet de la rénovation, des bureaux d’études thermiques Enercoop existent à Paris et Charleville-Mézières pour accompagner les collectivités et les particuliers notamment en réalisant des audits énergétiques. Vous pouvez nous contacter à l’adresse renovation@enercoop.org 

Sources :

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