Publié le jeudi 8 octobre 2026

Interview Sandrine Buresi et Laura Gazaix
Gefosat projet Yes she Can

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Nous avons rencontré Sandrine Buresi et Laura Gazaix, de l'association Gefosat pour une interview sur le projet "Yes she Can", dans lequel Enercoop Languedoc-Roussillon est l'organisme de formation porteur certifié qualiopi au titre de la catégorie d’actions suivantes : actions de formation, pour la formation “Réaliser un diagnostic sociotechnique au domicile de ménages en précarité énergétique”. Découvrez le projet, la formation et leur choix de travailler avec Enercoop Languedoc-Roussillon.

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Bonjour, merci de nous accorder ce temps ! Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Laura Gazaix, je suis référente précarité énergétique à Gefosat depuis bientôt quinze ans. J’ai suivi un master en développement social : j’avais donc, au départ, une approche plutôt sociale, et j’ai acquis le bagage technique au fil des années. Aujourd’hui, je pilote différents projets de lutte contre la précarité énergétique autour de l’accompagnement des ménages mais aussi celui des professionnel·les et des collectivités qui souhaitent mettre en place des actions. J’anime également des formations.

Sandrine Buresi, je suis directrice de Gefosat. Je suis arrivée à la fin des années 1990, en stage, avec une formation en éducation populaire et en animation. J’ai ensuite été animatrice, chargée de mission, puis coordinatrice. J’ai notamment travaillé au développement des actions contre la précarité énergétique et de l’accompagnement des particuliers dans la rénovation de leur logement. Je continue à suivre certains projets sur ces sujets. Nous travaillons aussi sur la sobriété et la mobilité durable et inclusive. Notre fil rouge, c’est la transition énergétique pour toutes et tous, par toutes et tous.

Gefosat et le réseau Cler, qu’est-ce que c’est ? En quoi consiste votre activité au sein de ces structures ?

Sandrine Buresi : Gefosat est une association basée à Montpellier, qui approche les cinquante ans. À l’origine, elle travaillait notamment sur les fours solaires, avec une double préoccupation environnementale et solidaire. Il y a eu beaucoup d’évolution et aujourd’hui, nous continuons à agir sur la rénovation et la précarité énergétique, ainsi que sur la sobriété et la mobilité. Nous gardons l’envie d’expérimenter et de développer de nouvelles réponses.
Gefosat a participé à la création du réseau Cler en 1984. Son fondateur, Thierry Salomon, a aussi contribué à créer l’association NégaWatt. Le Cler a été pour nous un lieu de ressources, d’échanges et de plaidoyer. J’y ai siégé comme administratrice à partir de 2003 et y ai exercé différentes fonctions, jusqu’à la coprésidence. Même si je ne suis plus dans ses instances, les liens entre nos structures restent forts. Notamment par les associations de terrain qui nourrissent aussi le travail du réseau par leurs expériences.

Laura Gazaix : Le réseau Cler porte notamment le réseau RAPPEL, consacré à la pauvreté et à la précarité énergétique dans le logement. C’est une ressource précieuse pour les professionnel·les : on y partage des pratiques, des difficultés et des outils. Cler Solutions porte, de son côté, le programme Slime, avec lequel nous travaillons notamment sur la formation. Ces liens permettent aussi de faire remonter les besoins du terrain auprès des pouvoirs publics.

Qu’est-ce que le projet Yes She Can ?

Laura Gazaix : Nous avons lancé “Yes She Can” au début de l’année 2026. Le projet vise à aider des femmes, en situation de vulnérabilité, à gagner en autonomie pour réaliser, dans leur logement, des réparations et des travaux d’économie d’eau et d’énergie. Nous constatons sur le terrain que les femmes sont souvent particulièrement exposées à la précarité énergétique. De plus, lorsqu’on est locataire, engager une rénovation importante ne dépend pas uniquement de sa propre volonté : il faut parfois l’accord d’un propriétaire, voire d’une copropriété. Nous proposons donc des actions qui peuvent améliorer le confort et les factures sans attendre une rénovation complète. Ce sont des petites actions comme remplacer un radiateur, installer des rideaux thermiques, des protections solaires, etc... Le projet agit aussi sur la confiance en soi et les stéréotypes qui peuvent éloigner les femmes du bricolage. Concrètement, une collègue thermicienne intervient au domicile des participantes et réalise les travaux avec elles. Nous organisons également des ateliers collectifs de bricolage, animés par des femmes pour des femmes, avec des partenaires.

Projet yes she can- formation ELR - Réaliser un diagnostic sociotechnique

Comment avez-vous connu Enercoop ?

Sandrine Buresi : À l’échelle nationale, le réseau Cler fait partie des fondateurs d’Enercoop. Localement, les liens se sont construits peu à peu, à Montpellier, à travers des rencontres entre les équipes. Je me souviens notamment des premiers échanges avec Simon lorsque la coopérative locale se créait. Nous partageons une histoire et des préoccupations communes, même si les projets de travail concrets ont pris davantage de temps à émerger.

Quel projet développez-vous ensemble ?

Sandrine Buresi : Aujourd’hui, notre collaboration se concrétise surtout dans la formation, mais aussi dans Voisins Watt, une action qui accompagne un collectif citoyen autour de la sobriété, en lien avec une démarche d’autoconsommation collective.

Laura Gazaix : Notre collaboration avec l’équipe d’Enercoop Languedoc-Roussillon porte principalement sur les formations à la lutte contre la précarité énergétique. Le Gefosat forme depuis longtemps les chargé·es de visite du programme Slime. Nous avons d’abord travaillé avec Enercoop Languedoc-Roussillon pour porter ces formations dans certaines régions. Aujourd’hui, ce partenariat se poursuit à une échelle plus large. Nous proposons également, selon les besoins, des formations plus courtes sur la maîtrise de l’énergie et la précarité énergétique.

Pourquoi avoir choisi Enercoop Languedoc-Roussillon pour porter ces formations ?

Sandrine Buresi : Le fait qu’Enercoop Languedoc-Roussillon dispose d’un organisme de formation certifié Qualiopi nous permet de continuer à proposer ces formations sans développer nous-mêmes toute cette activité administrative. Mais la raison n’est pas seulement pratique. Il y a une vraie cohérence à inscrire la lutte contre la précarité énergétique dans un catalogue qui aborde aussi les dimensions sociales de la transition. Nous préférons construire ce travail avec une structure dont nous partageons les valeurs.
Ces formations nous tiennent à cœur : elles sont animées par des personnes qui connaissent le terrain et permettent aux travailleurs sociaux de s’outiller. Elles nous offrent également un espace d’échange sur les difficultés qu’ils rencontrent.

Quel est le contenu de la formation et à qui s’adresse-t-elle ?

Laura Gazaix : La formation “Réaliser un diagnostic sociotechnique au domicile de ménages en précarité énergétique” s’adresse en priorité aux chargé·es de visite du programme Slime. Elle peut réunir des personnes issues du travail social et des profils plus techniques. Le programme Slime vise à repérer les ménages en situation de précarité énergétique, à établir un diagnostic et à les orienter vers des solutions adaptées. La formation associe une approche technique et une approche humaine.

Si vous deviez conseiller Enercoop à un proche ou à un partenaire, que lui diriez-vous ?

Laura Gazaix : Je dirais qu’Enercoop ne se résume pas à la fourniture d’électricité. On connaît moins ses autres activités, notamment la formation et le bureau d’études. Comme fournisseur, j’y vois aussi une démarche engagée et éthique.

Sandrine Buresi : Pour une structure qui cherche un partenaire professionnel, Enercoop Languedoc-Roussillon a une capacité assez rare à relier plusieurs aspects des questions énergétiques : la fourniture, la production renouvelable, les économies d’énergie et la maîtrise de l’énergie. Cette vision d’ensemble mérite d’être mieux connue.

Quelle valeur commune Gefosat et Enercoop Languedoc-Roussillon partagent-ils ?

Sandrine Buresi : La coopération. Bien sûr, nous partageons des préoccupations environnementales, mais ce qui nous rapproche dans notre manière d’agir, c’est l’envie de travailler avec les autres, de mutualiser et de construire des réponses ensemble plutôt que de nous placer systématiquement en concurrence. Ce n’est pas toujours simple, pour une association comme pour une entreprise coopérative, mais c’est une valeur forte.

Laura Gazaix : Cette coopération nous permet également d’apprendre les uns des autres. Nous apportons notre expérience de la précarité énergétique. Enercoop Languedoc-Roussillon nous apporte d’autres compétences, par exemple sur l’autoconsommation collective.

Une actualité à mettre en avant ou un rendez-vous à ne pas manquer ?

Laura Gazaix : Nous souhaitons faire connaître Yes She Can et sa campagne de financement participatif. Nous organisons aussi des ateliers pour les femmes concernées par le projet. Plus largement, la lutte contre la précarité énergétique reste au cœur de notre actualité.

Sandrine Buresi : Dans le cadre de la journée contre la précarité énergétique, nous prévoyons une table ronde le 18 novembre, avec le CCAS et le programme Slime, autour de la précarité énergétique des seniors. Nous travaillons également avec Enercoop sur Voisins Watt, autour de la sobriété et de l’accompagnement d’un collectif citoyen.

Si vous deviez résumer votre activité en une chanson, une phrase ou un adage ?

Sandrine Buresi : Je pense à l’idée que l’entraide est aussi une loi de la jungle. Elle correspond bien à notre manière de travailler : on avance en s’appuyant les uns sur les autres.

Laura Gazaix : Côté chanson, nous avons récemment monté une chorale avec l’ALEC dans les locaux que nous partageons à la Villa Mexico. L’un des premiers morceaux que nous avons chantés, c’était Bella Ciao. Peut-être qu’un jour, nous aurons notre propre chanson !

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Pour en savoir plus, rendez-vous sur leur site : https://gefosat.org/ et/ou le linkedin : https://fr.linkedin.com/company/association-gefosat?original_referer=https %3A %2F %2Fwww.google.com %2F ? 
Et ne manquez surtout pas la page du projet Yes she can (https://gefosat.org/yes-she-can/) et la campagne de financement participatif : https://www.helloasso.com/associations/gefosat/collectes/soutenez-le-projet-yes-she-can 😉

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