Publié le mardi 3 mars 2026

Cultiver l’égalité au travail une démarche participative

groupe de travail

À l’occasion du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, le groupe de travail Égalité des genres d’Enercoop Midi-Pyrénées souhaite mettre en lumière une nouvelle étape de son engagement : renforcer une culture du care au travail pour faire progresser concrètement l’égalité.

Pourquoi travailler sur le care ?

Le care désigne l’ensemble des tâches qui prennent soin du collectif et permettent à l’organisation de fonctionner au quotidien, comme par exemple accueillir les nouveaux arrivant⋅es ou encore maintenir les espaces de travail propres et confortables. Tout comme l’égalité des genres, ces tâches de care sont essentielles mais souvent peu visibles, et peuvent reposer de manière disproportionnée sur certaines personnes. Plus globalement, au niveau de la société, on sait qu'elles pèsent davantage sur les femmes. 

La situation peut apparaître "plus favorable" chez Enercoop Midi-Pyrénées, dont l’équipe est sensibilisée à un certain nombre de ces enjeux, mais la coopérative n'opère pas isolée des inégalités sociétales.

L’enjeu pour la coopérative est donc de :

  • Mieux reconnaître ces contributions
  • Éviter leur concentration sur quelques salarié·es
  • Préserver la cohésion interne
  • Inscrire l’égalité dans les pratiques réelles de travail

Il ne s’agit pas de désigner des responsables, mais de renforcer une responsabilité partagée et durable.

Une démarche de recherche participative

En 2025, la coopérative a engagé une collaboration avec deux chercheur·se·s de l’UCLouvain, Caroline Demeyere et Maxence Postaire, afin d’objectiver et d’analyser la répartition des tâches dites de care.

La méthode a reposé sur :

  1. Des échanges approfondis avec le groupe de travail Égalité
  2. 11 entretiens semi-directifs durant l’été 2025 (sur 20 salarié·es)
  3. Une restitution d’analyse
  4. Un atelier de co-analyse collectif le 7 octobre 2025 (photo) et une co-intervention des chercheur⋅se⋅s et de la salariée Emma pour un partage de pratique dans la conférence du Réseau international de recherche sur les organisations et le développement durable.
  5. L’identification de premières pistes d’actions

Ce processus a permis de dépasser les « impressions personnelles » pour construire une compréhension collective, plus fine et partagée des dynamiques internes.

Mesurer sans opposer

Un besoin d’indicateurs est apparu pour rendre visibles certaines réalités, objectiver d’éventuels écarts et soutenir la prise de conscience. Les données peuvent jouer un rôle déclencheur et encourager une meilleure répartition des responsabilités.

Mais la réflexion a également montré les limites d’une approche uniquement quantitative. Les chiffres ne capturent ni les ressentis d’injustice, ni la fatigue, ni les dynamiques de confiance qui structurent un collectif. Ils peuvent parfois rigidifier les situations ou déplacer les tensions sans les résoudre.

Une question centrale a émergé : une répartition strictement égalitaire est-elle toujours synonyme de justice ? L’enjeu n’est donc pas seulement de compter, mais de comprendre ce que les indicateurs reflètent — et ce qu’ils ne peuvent pas refléter — afin qu’ils soutiennent une culture de l’égalité sans créer de nouvelles oppositions.

Vers une culture partagée du soin

L’égalité de genre et le care ne sont pas des états acquis, mais des dynamiques à nourrir chaque jour. Notre démarche ne cherche pas à être « exemplaire », mais à être en mouvement, en interrogeant nos propres pratiques, parfois invisibles, et en reconnaissant que même une coopérative engagée peut reproduire les inégalités qu’elle veut combattre.

Nous ne voulons pas nous contenter d’être « un peu moins inégalitaires » que des entreprises lucratives, même si nos politiques salariales, l’adoption d’un congé gynécologique ou notre gouvernance partagée sont des avancées. Car l’égalité ne se construit pas sur le « moins pire ».

Comme le souligne Caroline Demeyere, chercheuse : « les aspirations, les bonnes intentions du collectif, l'engagement coopérativiste et les valeurs partagées sont de puissants moteurs pour l'égalité de genre, mais Enercoop Midi-Pyrénées reconnaît à travers cette démarche qu’ils ne suffisent pas tant qu'on ne met pas sur la table les tensions et les contradictions. »

Pour avancer sur ce sujet, la coopérative s’engage à :

  • Renforcer la responsabilité collective
  • Acculturer les nouvelles recrues aux enjeux de care
  • Développer les compétences relationnelles
  • Formaliser des cadres, sans rigidité
  • Rendre visibles les progrès et engagements sur les tâches de care et les valoriser.

Pas de solution miracle : il s’agit d’équilibrer structure et confiance, indicateurs et vécu, cadre et autonomie.

Prochaine étape : mettre en œuvre le plan d’actions issu de ce travail, pour transformer la réflexion en avancées concrètes.

Parce qu’une coopérative engagée pour la transition énergétique peut aussi être un laboratoire social : prendre soin de l’égalité, c’est renforcer le collectif et, avec lui, la portée de sa mission. Nous espérons que ce témoignage inspirera d’autres structures.

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